Biographie du doyen

Pr Roland TOMB

Né à Beyrouth, au Liban, il reçoit toute son éducation scolaire au Collège Notre-Dame de Jamhour des pères jésuites. Inscrit à la Faculté de médecine Pitié-Salpêtrière (Université Pierre et Marie Curie), il y obtient son diplôme de docteur en médecine. Reçu à plusieurs concours d’internat, il décide de rejoindre le service du Pr Edouard Grosshans à Strasbourg, considéré comme l’un des meilleurs centre de dermatologie en France. Interne des hôpitaux, puis chef de clinique assistant, il gravit les échelons, avec des activités de soins, d’enseignement et de recherche (laboratoire d’histopathologie cutanée, laboratoire de dermato chimie), dirige la clinique d’allergologie pendant huit ans et décroche un D.E.A. en pharmacologie et pharmacochimie.

Parallèlement, il suit les cours de langues orientales anciennes à l’Institut catholique de Paris et intègre par la suite la Faculté de théologie protestante de Strasbourg (études de grec, de syriaque, d’araméen, d’hébreu biblique et moderne, d’akkadien…)

Dès la fin de la guerre du Liban, il est contacté par le P. Ducruet, recteur de l’Université Saint-Joseph pour diriger le service de dermatologie à l’Hôtel-Dieu de France. Et c’est ainsi qu’à 34 ans, il est nommé professeur et chef de service dans le grand hôpital français de Beyrouth où il déménage sans hésiter avec sa femme et ses enfants, très enthousiaste à l’idée de servir le Liban et la francophonie.

Il est très rapidement adopté par le communauté médicale de l’Hôtel-Dieu de France ainsi que par la communauté universitaire. Il est membre de la Commission médicale d’établissement, du Conseil de Faculté et poursuit inlassablement son activité d’enseignement et de recherche. Il crée à l’Université Saint-Joseph le diplôme d’éthique médicale, auquel il associe les grands noms de la bioéthique française et lance dans ce domaine une coopération multilatérale. Il est nommé alors titulaire de la Chaire de bioéthique et président du Comité d’éthique de l’Hôtel-Dieu de France.  Élu au Conseil de l’Ordre des médecins, il préside aussi son Comité d’éthique.

Il entreprend alors une thèse de doctorat en philosophie et éthique, à l’université Aix-Marseille, avec le Pr Jean-François Mattéi, puis le Pr Pierre Le Coz. Sa thèse obtient la mention très honorable avec félicitations du jury ainsi que la médaille de la Faculté de Marseille.

En 2011, le R.P. René Chamussy, recteur de l’USJ, le propose au poste de doyen. Il est élu pour un premier mandat de quatre ans et brillamment réélu en 2015 pour un deuxième mandat. En 2019, le collège électoral, composé des professeurs de la Faculté de médecine, lui renouvelle sa confiance, à la quasi-unanimité, pour un troisième mandat.

La confiance de ses confrères de l’USJ  - alors qu’il a effectué toute sa formation en France- le pousse à redoubler d’ardeur pour remettre cette Faculté de médecine sur la carte mondiale des facultés francophones et des centres d’excellence. Il noue alors des dizaines de conventions et d’accords bilatéraux avec les facultés de médecine françaises, les grands centres de recherche en France, en Suisse, et en Belgique ; des échanges d’étudiants, d’internes, de résidents, d’enseignants et de chercheurs sont décuplés entre les facultés françaises et l’USJ. Une quarantaine de résidents se rendent de chaque année en France pour parfaire leur spécialité, alors qu’une centaine d’étudiants français viennent effectuer des stages à Beyrouth.

Adepte résolu d’une francophonie ouverte, décomplexée, dépoussiérée, il renforce à la Faculté le rôle du français comme langue scientifique. Il donne une plus grande place aux sciences humaines et introduit des dizaines d’enseignements optionnels (arts, histoire, philosophie) pour élargir les horizons de ses étudiants.

Président de la Société libanaise de dermatologie, membre actif de la Société française de dermatologie, vice-président de l’Association internationale des dermatologistes francophones, il organise à Beyrouth une dizaine de congrès internationaux, d’abord en dermatologie, puis dans tous les domaines de la médecine.

Élu représentant du Liban au sein du Comité intergouvernementale de bioéthique de l’Unesco, à Paris, il en est nommé rapporteur. Deux années plus tard, la directrice générale de l’Unesco, Mme Irina Bokova, le nomme comme expert international au sein du Comité international de bioéthique. Son mandat est renouvelé, en 2019,  par Mme Audrey Azoulay. En avril 2018, il avait réussi à délocaliser sur Beyrouth, les réunions de ce comité qui regroupe des experts de 36 nationalités différentes.

Divers chantiers sont menés, à la Faculté de médecine. Un centre de simulation, unique en son genre au Proche-Orient est construit : il devra rendre service à toutes les professions de santé, tant pour la formation initiale que pour la formation continue.  Il fera rayonner le savoir-faire français en la matière, puisqu’il est géré en collaboration avec le centre de référence iLumens de l’Université Paris Descartes. En signe de reconnaissance, ce centre portera le nom d’iLumens-Beyrouth.

Un autre chantier est lancé, celui de la nouvelle Faculté de médecine, construite selon des normes futuristes, toute orientée dans le but  de servir une pédagogie innovante :  ce projet, en voie d’accomplissement,  donnera un visage résolument moderne, à l’une des plus vieilles facultés de cette région du monde.

D’autres accords sont à l’étude avec les centres d’excellence français, comme l’IRCAD (chirurgie mini et micro-invasives) à Strasbourg, et IMAGINE (génétique), à Paris.

L’accréditation de la Faculté auprès de la World Federation for Medical Education est en cours. Elle devra aboutir en 2020.